Quand on questionne les gens sur leur digestion ceux-ci parlent immédiatement de leur estomac. C’est certes un des organes majeurs, mais ce n’est qu’une étape sur le long parcours de nos aliments de la bouche à l’anus !

A partir du moment où nous ingérons un quelconque aliment, celui-ci va cheminer tout au long de notre tube digestif, va subir de nombreuses transformations grâce aux différents mouvements de nos organes, à l’intervention de nombreuses substances comme les enzymes, les mucus, l’acide chlorhydrique, les sels biliaires …

Voyons de plus près les différentes étapes de la digestion avec ses différents acteurs et les enjeux.

Les différentes étapes de la digestion :

  • Bouche : Mastication – Broyage – secrétions salivaires
    A ce stade, grâce aux enzymes contenus dans la salive, il s’effectue une prédigestion des amidons
  • Œsophage : Déglutition involontaire
    Un mucus vient lubrifier les aliments.
  • Estomac : Mélange des aliments – Début de la dégradation chimique
    Les mouvements de l’estomac mélangent les aliments (devenu le bol alimentaire), l’acide chlorhydrique joue une fonction bactéricide et favorise l’action des enzymes spécialisées dans la digestion des protéines
  • Intestin grêle : Organe principal de la digestion – Absorption de la quasi-totalité des substances.
    Les grosses molécules alimentaires sont découpées par les enzymes digestives en petites particules assimilables par les cellules de la paroi intestinale. Le pancréas secrète les enzymes nécessaires à cette digestion chimique et la vésicule biliaire libère de la bile pour favoriser l’absorption des graisses.

Colon : Achèvement de la digestion de certaines molécules par la flore intestinale – Elaboration des matières fécales et synthèse de la vitamine K.
Dans le colon ascendant, l’achèvement de la digestion des glucides se fait par fermentation, dans le colon descendant, celle des protéines par putréfaction. Ces fermentations provoquent naturellement des gaz qui peuvent devenir gênants s’ils sont trop abondants et surtout seront un signe majeur d’un déséquilibre de la flore résidente.

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Situation et rôle des organes de la digestion

Zoom sur l’intestin :

A chaque fois qu’on parle de l’intestin, on pense au colon, réduit souvent à la seule fonction de libérer les selles.

Que sait-on de cet organe ? Souvent rien ou presque alors qu’aujourd’hui de nombreuses recherches font état de tous les rôles majeurs qu’il pourrait jouer dans notre santé bien au-delà de notre digestion.

Mis à l’honneur par le magazine « Sciences et avenir » dans son numéro de juin 2012, il est rebaptisé « 2ème cerveau » pour son nombre impressionnant de neurones et ses facultés de communication avec notre cerveau.

L’intestin grêle mesure environ 6 mètres, et se répartit en trois zones différentes : le duodénum, le jéjunum et l’iléon. Il accueille donc le bol alimentaire à la sortie de l’estomac et se charge de faire entrer dans l’organisme  toutes les substances qui lui sont bénéfiques et de laisser partir dans le colon celles qui ne le sont pas ou qui sont tout simplement inassimilables.

Le colon en aval est composé de 3 zones : le colon ascendant ou droit, le colon transverse et le colon descendant ou gauche. Comme on l’a vu précédemment, il est tapissé d’une flore abondante qui se charge de terminer la digestion de certaines molécules, ainsi 5 à 10 % de nutriments sont ainsi absorbés au niveau du colon.

Sans trop entrer dans le détail, il est tout de même important de décrire la structure de la paroi interne du grêle :

  • Composée d’une seule et mince couche de cellules jointes les unes aux autres: les entérocytes. Sa structure formant des replis appelés  villosités permet une surface d’absorption telle que beaucoup s’amusent à la comparer à un cours de tennis, soit plus de 300 m2 !
  • Recouverte d’une flore intestinale pesant approximativement 2 kg et représentée par une population de cent mille milliards de bactéries amies (sur l’ensemble du tube digestif) autrement dit plus que l’ensemble de toutes les cellules qui compose notre organisme.
  • Un réseau de capillaires sanguins et lymphatiques dans lequel sont insérées 70 % de nos cellules immunitaires.
  • Un système nerveux spécifique et dédié : le système nerveux entérique qui communique en permanence avec le cerveau grâce à ses 200 000 neurones.

Cette muqueuse grêle et les poumons sont les deux portes d’entrées qui permettent aux molécules étrangères de pénétrer dans notre corps.

Toute molécule, bénéfique ou néfaste, qui arrive à passer cette frontière se retrouve dans le flot sanguin de notre organisme en contact avec nos cellules. C’est pourquoi l’intégrité de cette barrière doit être optimale afin de jouer son rôle de « gendarme » face aux éléments toxiques et nuisibles à notre organisme.

Le docteur Jean Seignalet auteur de « l’alimentation ou la troisième médecine » a été un des premiers à mettre le doigt sur le problème de porosité intestinale. Le grêle, qu’il qualifie d’organe clef, est pour lui le point de départ de nombreuses pathologies. Il a pendant des années traité des centaines de patients en leur proposant pour seul traitement un régime alimentaire type ancestral sans laitages, sans gluten avec peu de cuisson et aucun aliment industriel et les résultats étaient convaincants pour un grand nombre de cas.

Beaucoup de facteurs favorisent sa dégradation comme : La suralimentation, l’alcool, les toxiques et les médicaments, le stress, les molécules alimentaires chimiques, les allergies ou intolérances alimentaires …

S’il y a des agressions à répétition, la flore bénéfique va s’appauvrir et laisser sa place à une flore pathogène comme le Candida albican ou l’Escherichia coli. Le système immunitaire va tourner à plein régime dans cette zone provoquant de l’inflammation chronique et à terme une perméabilité de la membrane.

Lorsque la frontière ne joue plus son rôle, les conséquences de sa dégradation peuvent être :

  • Maladies auto-immunes
  • Malabsorption et carences
  • Allergies
  • Processus inflammatoires chroniques
  • Sur stimulation du système immunitaire
  • Pathologies d’encrassage…

Emmanuelle Lerbret – Naturopathe

L’Atelier Naturo
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