Qui n’a jamais entendu parler de cet art-martial chinois très répandu en Asie et surtout en Chine. C’est à la fois un art-martial d’auto-défense et énergétique basé sur des mouvements lents.

Le taïchi chuan en bref

Le taïchi chuan (taiji quan en pinyin), dont les origines remontent à -500 av JC,  signifie littéralement « boxe du faîte suprême » ou « boxe de l’ombre ». C’est un art martial interne, c’est à dire qu’il privilégie la souplesse sur la force, fondé sur la lenteur du mouvement et qui s’exécute à mains nues ou avec armes. Chaque mouvement de la forme aussi appelé tao (série de mouvements enchaînés les uns après les autres) correspond à une application martiale qu’il est possible d’étudier seul ou avec partenaire en tuishou, qui signifie littéralement « mains collantes ». Il existe une centaine de mouvements : parer, presser, pousser, tirer ou « le serpent rampe », « la grue blanche déploie ses ailes »… Ces mouvements sont enchaînés harmonieusement dans des séquences plus ou moins longues. Le taïchi chuan peut être pratiqué pour sa dimension martiale, mais reste avant tout un art de bien-être accessible à tous. Le taïchi chuan est souvent défini comme « une méditation en mouvement », il s’agit d’atteindre un état de tranquillité intérieure tout en étant en mouvement.

Les bienfaits de cet art-martial interne

C’est un art-martial très complet :

  • une discipline d’auto-défense pour acquérir de l’assurance et de la confiance en soi
  • une pratique énergétique et thérapeutique visant à faire circuler l’énergie (le shi) dans tout le corps pour se maintenir en bonne santé
  • une activité inter-générationnel sans limite d’âge

Pour vous donner un aperçu de ce qu’est le taïchi chuan, voici une vidéo de démonstration. Ici Maître Gao Shi Kui, originaire de Tsing Tao, vous montre quelques techniques de cet art-martial très ancien.

Petite histoire du taïchi chuan

Le mythe de Zhang Sanfeng

Certaines légendes attribuent l’invention du taïchi chuan au taoïste semi-légendaire Zhang Sanfeng, vers le début de la dynastie Ming (XIIIe-XIVe siècle). Le Livre complet sur les exercices du taïchi chuan, écrit par Yang Chengfu (1883-1936), raconte que Zhang Sanfeng créa le taïchi chuan vers la fin de la Dynastie Song (960-1279) puis le transmit à Wang Zongyue, Chen Zhoutong, Zhang Songxi et Jiang Fa. Un peu plus tôt, Li Yishe (1832-1891) écrivit dans sa Brève introduction sur le taïchi chuan : « Le taïchi chuan fut fondé par Zhang Sanfeng des Song. » Zhang créa l’école intérieure (chinois : 内家 ; pinyin : nèijiā) par un syncrétisme néo-confucianiste des arts martiaux du bouddhisme Chan du monastère Shaolin et de sa maîtrise du daoyin (内功, nèigōng) taoïste. Il s’installa dans le temple du mont Wudang, province de Hubei, pour enseigner sa discipline.

À partir des années 1930, Tang Hao, pionnier des recherches historiques sur les arts martiaux, démontre l’absence de fondements historiques concernant la création du taïchi chuan par Zhang Sanfeng. Ses conclusions furent reprises à la même époque par Xu Jedon, et sont encore validées de nos jours par les recherches historiques contemporaines.

L’hypothèse de Wang Zongyue

Wang Zongyue, qui aurait vécu sous la dynastie Qing (1644-1911), occupe une place importante dans l’histoire du tai-chi-chuan. Son rôle a été reconnu par les maîtres de différentes époques. Son livre À propos du taïchi chuan a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette boxe.

Selon le Manuel de taijiquan (太极拳谱 / 太極拳譜, tàijíquán pǔ) de Shen Shou (沈寿 / 沈壽, shěn shòu, né en février 1930)5, publié en 1991 par l’Association chinoise de wushu, le créateur du taïchi chuan aurait été Wang Zongyue6. Il aurait été le premier à exposer la théorie et les techniques du tai-chi-chuan de manière systématique. Des documents administratifs attestent que Wang Zongyue transmit le tai-chi-chuan à Jiang Fa, puis que ce dernier le transmit à Chen Changxing, habitant du village de Chenjiagou.

L’hypothèse du village de Chenjiagou

L’appellation de cet art martial sous le vocable de « taiji quan », boxe du faîte suprême, apparaît avec Chen Wangting vers la fin de la Dynastie Ming (1368-1644). Leurs représentants sont Tang Hao et Gu Liuxin, praticiens et historiens du wushu (武术 / 武術). Tang Hao soutient cette hypothèse à la suite d’investigations menées au village de Chenjiagou, district de Wenxian, province du Henan, et en se référant aux Annales du district et au Registre généalogique de la famille Chen. Selon ce registre, Chen Wangting était « expert en boxe de style Chen et fondateur du jeu de l’épée et de la lance ». Les différentes écoles contemporaines de taïchi chuan (Yang, Wu, Sun) seraient originaires ou héritières de la boxe de style Chen, bien que les principes de cette boxe soient antérieurs à l’appellation tai-chi-chuan.

Un autre registre découvert très récemment démontrerait que le lieu originel du taichi ne serait pas le village de Chenjiagou, mais plutôt Tang Cun (Henan), village de la famille Li6

Source : Wikipédia

Où pratiquer le tai-chi chuan

Consulter l’annuaire des clubs sur toute la France sur le site de la Fédération.

Pour aller plus loin, abonnez-vous à Yi mag, le webzine des arts-martiaux internes. Il est édité par la Fédération des arts énergétiques et martiaux chinois (Faemc).