En cette fin du mois de juillet, j’ai envie de vous parler de l’ostéopathie. J’ai eu recours l’année dernière et au début de cette année à cette thérapie manuelle suite à deux accidents. Le premier sur le sacrum et le second sous le genou gauche. Après les quelques séances qui ont suivi mes deux accidents, j’ai retrouvé rapidement la mobilité de mon bassin et la mobilité de ma jambe gauche.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir lors d’une interview avec Anthony Rousseau. Il est ostéopathe de profession et va vous faire part de son expérience et vous éclairer sur les bienfaits cette thérapie manuelle.

Bonne lecture à tous !

Bonjour Anthony parlez-nous de vous, qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir ostéopathe ?

Plusieurs faits marquant m’ont orienté vers des études d’ostéopathe :

  • A l’âge de 15 ans, j’ai eu une grosse entorse à la cheville. J’ai consulté un kinésithérapeute puis un ostéopathe. Les séances d’ostéopathie ont eu les effets bénéfiques que je recherchais contrairement aux séances de kinésithérapie qui n’avaient pas suffi à tout régler. De plus, l’ostéopathe qui m’avait pris en charge avait travaillé complètement ailleurs par rapport à mes douleurs de cheville, c’est cela qui m’a beaucoup étonné et qui a éveillé ma curiosité. Je pense que c’est cette approche si particulière que j’avais envie de comprendre et de connaître.
  • Puis il y a eu la perte d’un proche vers l’âge de 17/18 ans. J’ai ressenti ce besoin de pouvoir accompagner et soulager les gens en tant qu’ostéopathe.
  • J’avais soif d’apprendre le mécanisme du corps humain.

J’ai eu envie par la suite de me lancer dans des études d’ostéopathie. Issu d’un bac scientifique, j’avais les connaissances adaptées pour pouvoir suivre ce chemin.

J’ai aujourd’hui 6 ans d’ancienneté dans la profession et je consulte à l’heure actuelle en cabinet à Voisins le Bretonneux, en Ile de France.

Qu’est-ce qui vous attire dans l’ostéopathie ?

Tout d’abord nous faisons notre propre diagnostic et pour cela nous disposons de plusieurs outils que nous mettons à profit en fonction des patients.

  • L’articulaire
  • Le musculaire
  • Le viscéral
  • Le crânien

C’est grâce à ces différentes techniques que l’ostéopathe conduira le corps du patient à retrouver son équilibre. Cela repose donc sur un principe propre à l’ostéopathie : l’homéostasie : le corps est capable de s’autoréguler si plus rien ne lui fait obstacle. C’est en cela que l’ostéopathie est intéressante.

De plus, l’ostéopathie est une philosophie. La base étant de trouver la cause aux douleurs ou aux blocages du patient. Ensuite, peu importe le chemin utilisé pour arriver à débloquer ses blocages. C’est là que les ostéopathes pourront intervenir très différemment les uns des autres pour débloquer un même blocage. Certains utiliseront du viscéral ou bien des techniques articulaires ou musculaires pour améliorer des douleurs de lombaires. Il existe différentes manières de procéder en ostéopathie. Chaque ostéopathe pourra avoir un angle de vue différent pour une même problématique chez un même patient. L’important étant bien évidemment d’améliorer la situation du patient quelle que soit la technique utilisée pour le traiter et le soulager. L’essentiel est donc de s’adapter à chaque patient en utilisant la technique qui lui correspondra le mieux. Puis on laissera le corps du patient agir de lui-même dans les heures et les jours qui suivront la séance d’ostéopathie.

Depuis quand cette pratique a vu le jour dans l’hexagone ?

Dans les années 1950, les kinésithérapeutes sont les premiers à avoir importé ces nouvelles techniques dans l’hexagone. Avant cette date, des kinésithérapeutes s’étaient expatriés aux USA, c’est là-bas qu’ils ont appris l’ostéopathie. Puis ces kinésithérapeutes sont revenus en Grande Bretagne avant de venir pratiquer et développer l’ostéopathie en France.

Après avoir lu un sondage de 2014 réalisé par Opinion Way, 48% de la population Française a recours à un ostéopathe. Qu’en pensez-vous ?

Ce sont les jeunes générations qui ont contribué à populariser la profession et permis aux personnes plus avancées en âge de consulter. Ces jeunes adultes ont pu amener leurs bébés ou enfants en consultation et conseiller à leurs parents de venir consulter en ostéopathie. L’ostéopathie permet de prendre en charge toutes les générations, sans différenciation.

De plus en plus de mutuelles démocratisent les séances d’ostéopathie en les rendant plus accessibles financièrement parlant.

Aujourd’hui nous assistons à une vraie reconnaissance des ostéopathes dans les institutions publiques et privées. Les entreprises ont de plus en plus recours à ce type de soins, pourquoi notre système de remboursement de soin dans l’hexagone fait blocage à la profession ?

En effet, les corporations d’ostéopathes entrent facilement dans les milieux professionnels. Il n’est pas rare que les CE des entreprises prennent en charge les consultations de leur personnel. Les ressources humaines communiquent sur cette pratique auprès du personnel en souffrance. Les séances d’ostéopathie réalisées parfois même sur le lieu de travail, tiendront aussi bien compte des mauvaises postures que les gens adoptent face à leur poste de travail que du stress généré par les relations professionnelles.

Même si les mutuelles font des efforts, la profession n’est pas encore reconnue par la médecine généraliste et les hôpitaux. Si bien que les ostéopathes sont exclus du système de remboursement de soin conventionnel. Selon certains, l’ostéopathie pourrait court-circuiter le parcours de soins classique : en consultant directement un ostéopathe, le patient pourrait ne pas consulter le médecin puis le pharmacien avec les médicaments fabriqués par les laboratoires et éventuellement la kiné prescrite par le médecin. L’ostéopathie est complémentaire des autres prises en charge, elle ne permet pas d’établir un diagnostic médical fait par le médecin ou de réaliser une rééducation permise par le kinésithérapeute. L’ostéopathie pourrait avoir sa place dans le système de soin Français mais la sécurité sociale a déjà un déficit à combler, il est difficilement envisageable d’ajouter des soins supplémentaires à rembourser.

J’imagine que les TMS « troubles musculo-squelettiques » de vos patients sont votre quotidien. Pouvez-vous nous citer quelques exemples typiques des douleurs que ressentent vos patients ?

Les TMS représentent environ 50% des consultations réalisées au cabinet. Les autres 50% dépendent de traumatismes, accidents ou de douleurs liées à un âge avancé.

Concernant les TMS, ce sont les postures adoptées au travail et les ports de charges qui sont à l’origine de nombreux TMS. Je reçois fréquemment au cabinet des salariés travaillant sur leur ordinateur, leur mauvaise posture participe à leur déclencher des problèmes aux cervicales. Je reçois également de nombreux commerciaux (beaucoup de voiture) ou des travailleurs indépendants (avec beaucoup de ports de charges) pour des douleurs lombaires.

Quel est la typologie de votre patientèle ?

A Voisins le Bretonneux, j’ai beaucoup de femmes retraitées et de jeunes cadres dynamiques. Il existe environ 200 entreprises sur Voisins Le Bretonneux. Je reçois donc aussi bien des patients habitant la région que des patients travaillant sur la zone de Voisins Le Bretonneux.

Comme j’ai pu le lire sur votre site, vous avez exercé dans le milieu sportif par le passé. Maintenant que vous êtes installé, êtes-vous toujours à l’écoute d’opportunités ?

Aujourd’hui, j’ai 2 domaines d’intervention :

  • J’interviens dans le milieu sportif, particulièrement le football. Depuis 2010, je m’occupe en ostéopathie des arbitres du Paris Saint Germain lors des matches de coupe d’Europe, en Ligue des Champions notamment. J’ai été moi-même arbitre par le passé, ce qui me permet de connaître au mieux les contraintes physiques et morales auxquelles peuvent être soumis les arbitres.
  • Je donne des cours d’anatomie en école d’ostéopathie depuis 2013. Cela me permet de garder à jour mes connaissances et de pouvoir échanger régulièrement avec les autres enseignants et les étudiants qui apprennent de nouvelles techniques chaque année. L’ostéopathie évolue très vite.

Aujourd’hui nous constatons que les différentes techniques de relation d’aide, de relaxation et de soin alternatif ont le vent en poupe ? Pour citer un exemple, les thérapeutes en shiatsu ont obtenu il y a un an un titre de niveau III enregistré au RNCP (Le Répertoire National des Certifications Professionnelles). Qu’en pensez-vous ?

La médecine conventionnelle n’apporte pas toujours des réponses complètes aux patients. C’est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à chercher d’autres méthodes de soin alternatif, leur permettant de retrouver un équilibre satisfaisant. Le shiatsu, la sophrologie et l’ostéopathie sont des donc très appréciés par les patients d’aujourd’hui. Si ces thérapies se développent pleinement, c’est que les patients y trouvent leur intérêt. Les patients préfèrent comprendre pourquoi ils ont mal et traiter la cause de leur problème, plutôt que de continuer à masquer certaines douleurs au moyen de médicaments.

Êtes-vous à l’écoute des autres pratiques ? Pouvez-vous me citer celles qui vous inspirent ?

J’ai le devoir de suivre chaque année des formations me permettant de rester en veille sur le domaine ostéopathique. J’ai participé l’année dernière à un congrès ostéopathique à Nice sur le burn-out. J’ai pu y découvrir de nombreux intervenants d’horizons différents (médecins du travail, gynécologue, infectiologue, RH, salarié et ostéopathe). Chacun a pu décrire le burn-out de son propre point de vue, cela a été très enrichissant ! Cela m’a permis de mieux appréhender ce phénomène de plus en plus courant aujourd’hui.

Depuis cela, je m’intéresse beaucoup aux risques psycho-sociaux dans les entreprises. Je suis régulièrement cette activité sur les réseaux sociaux.

FullSizeRenderDepuis janvier 2016, je suis très attiré par le somato-émotionnel et la médecine traditionnelle chinoise. Je me suis rendu compte que la médecine chinoise faisait le lien entre les vertèbres, les organes et les émotions. C’est exactement ce que Roger Fiammetti, ostéopathe Belge, avait représenté lors du congrès de Nice avec sa cartographie sur le somato-émotionnel. Cela permet de prendre le patient dans toute sa globalité, aussi bien au niveau mécanique que psychologique. C’est peut-être la clé de la réussite d’une consultation en médecine ou en paramédecine.

Guillaume FILLION
Fondateur du blog, thérapeute et conseil en médecine holistique

Pour contacter Anthony ROUSSEAU :

M. ROUSSEAU Anthony, Ostéopathe au Cabinet Médical La Mérantaise de Voisins Le Bretonneux (78960) – Tél : 06 61 55 63 81 – Email : rousseau.osteo@yahoo.com